Fessée violences educatives ordinaires

Alors que la fessée est interdite en France depuis juillet 2019, il semblerait que le chemin soit encore long concernant les violences éducatives ordinaires. Menaces, chantage affectif, corrections ou chantage affectif sont des actes encore très répandus au sein des foyers français et socialement acceptés. Face à une prise de conscience trop anecdotique, des organismes tirent la sonnette d’alarme. De nombreuses études, notamment dans le domaine des neurosciences, informent sur les conséquences de ces violences sur la santé des enfants.

Interdiction de la fessée : zoom sur la loi française de 2019

Depuis juillet 2019, la fessée est interdite en France. À cette époque, le pays était le 56e à adopter une loi concernant l’abrogation de ce type de violences, un premier pas pour les Français qui n’en ont cependant pas fini avec les violences éducatives ordinaires (VEO). Les fessées, bien qu’interdites, sont encore largement répandues et tolérées. Selon le texte de loi de l’époque, seules les fessées à répétition sont signalées au procureur. Un juge des enfants est alors chargé par la suite de signifier aux parents que la fessée n’est pas la seule méthode éducative existante. Des violences persistantes, sur le long terme, peuvent être portées jusqu’au tribunal. Pour rappel, 87 % des enfants subissent quotidiennement des pratiques punitives telles que des moqueries, des cris, des injures, des propos humiliants, des menaces psychologiques, du chantage, des mensonges, mais également des gifles, des pincements, des tirages de cheveux ou des secousses.

Les violences éducatives ordinaires désignent les violences physiques et psychologiques appliquées par de nombreux foyers sur les enfants. Claques, fessées, humiliation ou chantage effectif sont encore monnaie courante au sein des familles et, pour la plupart, banalisés, normalisés et acceptés aux yeux de la société. En effet, la population se contente de répercuter, génération après génération, ce qui semble être l’attitude appropriée à l’éducation d’un enfant, sans se rendre compte que ces mêmes violences ne sont pas même admises lorsqu’elles sont exercées sur un adulte ou un animal. Face au constat d’une prise de conscience difficile, certaines organisations telles que Stopveo, tentent d’alerter sur les conséquences de ces brimades, aussi « petites » soient-elles.

Les violences éducatives affectent le cerveau et rendent les enfants plus agressifs

Aujourd’hui, de nombreuses études permettent de prouver les conséquences de telles violences sur le cerveau d’un enfant. Grâce à l’évolution des neurosciences, des spécialistes évoquent la vulnérabilité du cerveau immature de l’enfant, notamment face au cortisol, une hormone sécrétée par le stress. Lors d’une fessée ou d’un cri, l’enfant subit un stress important qui altère son développement et fragilise certaines zones essentielles du cerveau telles que le cortex préfrontal ou l’hippocampe, deux régions qui permettent à l’enfant de réfléchir et d’activer sa mémoire.

Si les résultats scolaires se trouvent impactés par les violences éducatives ordinaires, des études démontrent que les enfants ayant subi ce type de brimades sont plus agressifs que les autres. Ceci d’une part parce que la peur de l’enfant se transforme en agressivité, mais également parce que le modèle parental est lui-même empreint de violence. Il semble en effet particulièrement paradoxal de réprimander son enfant ayant commis un acte de violence à l’école par une fessée. En souhaitant faire de leur enfant un citoyen respectable, de nombreux parents font l’erreur de leur transmettre le message suivant : pour résoudre les problèmes, la violence est la solution. En grandissant, l’enfant intègre inconsciemment ce système et risque ensuite de faire preuve de violence sur ses proches. Les VEO peuvent également entraîner des conduites addictives ou délinquantes, répondant à des souffrances que les jeunes tentent d’apaiser.

Les violences éducatives ordinaires sont souvent minimisées au regard de la société qui considère qu' »une claque n’a jamais fait de mal à personne » et que ne pas les appliquer induirait une conduite laxiste avec ses enfants. Ceci vient principalement du fait que les parents ne sont pas informés concernant les méthodes alternatives existantes et préfèrent se tourner vers la facilité. La communication non violente n’est pas un mythe, elle permet aux parents de trouver des solutions concrètes face à des situations du quotidien parfois compliquées.

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